Dans une étude publiée dans la presse hebdomadaire, intitulée « la science et non-sens » ([1]), le DR Mohand Tahar Belaroussi tente de sensibiliser l’opinion publique nationale sur l’ampleur du fossé séparant la décision en matière de recherche scientifique et le résultat, constamment, décevant sur le terrain des retombées pratiques. Et ce qui rend, ici, la situation d’autant plus déplorable, c’est moins la parcimonie financière que l’on pourrait, hâtivement, confondre avec la cause de ce marasme, que les conditions générales où sont opérés les choix au départ. De fait comme l’explique l’auteur cité, en avançant l’exemple de « la microélectronique et les nanotechnologies, » de grandes sommes d’argent sont, parfois, consenties par les pouvoirs publics, sans produire, pratiquement, l’effet escompté. Car les choix sont inopportuns, alors qu’avec les facilités offertes par le développement scientifique et technique, un budget modeste corrélé à un bon choix, au départ, dans la recherche, est de nature à décupler les résultats sur le terrain.
Ce déphasage entre ce qui est projeté, dans un pays musulman, et ce qui se concrétise pratiquement, dans le domaine de la recherche scientifique, se situe, en fait, à tous les niveaux de l’activité sociale. Et si cette carence ressortit à un problème « essentiellement d’ordre civilisationnel », comme le souligne le DR Belaroussi, sa constatation de fait, se vérifie non seulement en Algérie, mais, aussi sur toute l’étendue de l’espace géographique et humain, situé entre Tanger et Djakarta, pour reprendre la terminologie bennabienne. Par contraste, l’auteur note la continuité et la coordination, qu’il y a, en Occident, entre l’ordre scientifique et l’ordre politique, pour aboutir, après la fin du second conflit mondial, en 1945, à la miniaturisation du stockage de l’information, à partir de la découverte du transistor, avec tous les bouleversements que cela produit dans la vie quotidienne des Hommes depuis les années 1990, avec l’avènement de l’ordinateur à l’échelle sociale.
Ce double constat montre bien qu’il ya, dans le Tiers Monde, en général, et dans le Monde musulman, en particulier, une prise de conscience au sujet de leur intégration dans le processus historique en cours. Ce constat montre aussi que les idées techniques sont assimilées, dans leur conception par le sujet du monde musulman, voire qu’il est potentiellement porteur d’autres idées de même nature et susceptibles d’être fructifiées.
Il résulte de toutes ces considérations que le problème fondamental, à considérer, ici, sous le rapport de notre recyclage historique actif, ressortit, moins à la thèse d’une supposée tare structurelle qui nous handicaperait, qu’à l’examen des conditions générales où les choix sont faits, sans produire l’effet escompté sur le terrain. Car c’est dans l’étude de ces conditions générales, que se situe le nœud de la problématique de notre piètre performance historique jusqu’ici, et que se situe, aussi, la clef de sa solution adéquate.
Le parallèle établi par le DR Belaroussi, entre les deux aires historico culturelles, avec des résultats opposés, soulève au moins deux questions :
- Pourquoi l’option dans un domaine de l’existence, comme la recherche, aboutit concrètement, en Occident, à une action concertée sociale et au résultat escompté ?
- Pourquoi la même volonté est constamment hypothéquée, dès qu’elle se situe au niveau de l’aire islamique et du Tiers Monde en général ?
En examinant les données de cette double interrogation, sous l’éclairage d’une vision du monde adéquate, l’observateur peut déterminer les causes du ratage du recyclage historique de la société musulmane, en général, dont les méfaits au niveau de la recherche, n’illustrent qu’un cas d’espèce. D’un autre côté, le même observateur pourra poser, d’abord, l’idée, puis les termes d’une stratégie de redressement, adaptée à la société musulmane.
En commençant par l’examen de la civilisation occidentale moderne, l’observateur averti, constate qu’il s’agit d’un processus complexe, ayant démarré, à la fin du Moyen Age, sous l’effet d’une impulsion endogène mené par sa logique intrinsèque. Celle-ci l’amène peu à peu, à réorienter le sens existentiel, en rompant avec la transcendance judéo chrétienne, et en substituant le mobile matériel au mobile spirituel.
Or c’est bien cette intronisation du mobile matériel au centre de l’existence pour conditionner dorénavant, la politique, le droit, la guerre et la culture, qui légalise, depuis six siècles environ, en Occident, le fait de l’Etat marchand et la possibilité de l’Etat raciste.
Ce sont ces deux typologies de l’Etat moderne, justifiées respectivement par les théories du « contrat social » et du « peuple missionné », qui ont nourri, à l’intérieur de leurs frontières historiques, tant le phénomène social de paupérisation au XIXe siècle, que les deux conflits mondiaux du XXe siècle. De plus, à l’extérieur ces deux modifications de l’Etat moderne, aux ressorts instinctifs et naturalistes, légalisent à grande échelle, pour la première, la pratique de la colonisation et du protectorat, faits qui se prolongeront, au-delà de l’indépendance formelle des pays assujettis, après 1945.
En effet, ici les élites politiques des pays victimes, jouent, plus ou moins inconsciemment le rôle de caisse de résonnance au modèle occidental ambiant et dominant, en le reproduisant localement, à l’état d’exutoire périphérique, des tensions générées ou potentielles portées par le centre dominateur occidental. Cette dernière remarque nous permet d’entrer de plain pied, dans l’examen de la seconde question, celle liée à la problématique du recyclage historique de la société musulmane, et du Tiers Monde en général.
Il y a d’abord les données brutes qui s’offrent à l’observateur de la société musulmane, telle qu’elle est modelée depuis deux siècles environ. Ces données se résument en trois rubriques :
1° Le plus bas degré de décadence historique de notre société coïncide avec le XIX e siècle et le début du processus de la colonisation directe ou indirecte. Cette phase aboutit à l’exclusion par la force, du champ politique, de la donnée islamique comme motivation existentielle différente du modèle occidental moderne.
2° Ce que l’on appelle la renaissance En-nahdha, est plus un processus réactionnel à l’intrusion étrangère, dans le Dar el Islam, qu’une impulsion endogène destinée à réactiver socialement le modèle islamique en lui adaptant les moyens de son temps.
Ce fondement réactionnel de la Nahdha, explique que ses sujets musulmans, délivrent, dans leur ensemble, un discours avec l’idée implicite que le modèle occidental, en cours, est un paradigme à imiter et reproduire.
3° La troisième et dernière rubrique se rapporte à la lutte politique. Elle débouche après les années 1940 et 1950 sur des Etats formellement indépendants, vecteurs du nationalisme et ses exclusions et de l’Etat marchand dans ses variantes capitaliste, socialiste et maintenant néo libéraliste.
Toutes ces phases historiques, entérinent, sous des modes divers, le conditionnement politique et idéologique de la société musulmane, depuis l’extérieur, c’est-à-dire depuis la sphère occidentale moderne. C’est ce que M. Bennabi appelle « la stratégie périphérique », destinée à maintenir le monde musulman, et le Tiers Monde, en général, à l’état d’exutoire périphérique de toutes les tensions générées ou potentielles, dans le monde occidental et liées à la logique zoologique de l’Etat marchand et accessoirement celle de l’Etat raciste.
Ce constat est d’autant plus pertinent que cinq à sept décennies après l’octroi de l’indépendance politique, le poids stratégique potentiel du monde musulman n’arrive pas à s’exprimer et à s’exercer sur la scène internationale. De plus ce laps de temps depuis l’obtention de l’indépendance par les pays musulmans, constitue un recul suffisant pour affirmer, dans le sillage de la pensée bennabienne, que les ratages ou les difficultés que subit, jusqu’à présent, notre recyclage historique, ne ressortissent ni à la pénurie de compétences scientifiques et techniques, ni au défaut réel du support financier, mais à l’absence d’une stratégie idéologique et politique.
De fait, d’un côté les compétences scientifiques et techniques des musulmans, sont attestées par des milliers de ces sujets qui sont intégrés dans la recherche en Occident. Il faut ajouter, ici, le potentiel de centaines de milliers d’autres qui végètent dans leurs pays faute de n’avoir pas voulu ou pu immigrer.
D’un autre côté, la manne financière n’est pas la garantie de base incontournable pour notre recyclage actif dans l’histoire. Ici les monarchies du Golfe, engrangeant des billions de dollars, préfèrent les déposer dans les banques anglo-saxonnes, plutôt que de les mettre à la disposition des peuples musulmans, dans le cadre général de la libération des potentialistes de l’Homme correspondant, et de là pour amorcer le processus d’émancipation vis-à-vis de la tutelle occidentale. Cette situation de négation stratégique les confine tout juste au rôle de simple auxiliaire de la stratégie américaine et sioniste dans la région et dans le monde.
Maintenant si notre échec à nous recycler activement dans le processus historique actuel, ne ressortit ni à une pénurie de la compétence scientifique et technique, ni à un défaut du moyen financier, en quels termes se pose le problème de la stratégie idéologique et politique, en vue de favoriser le redressement de la société musulmane ?
D’abord l’idée générale d’une stratégie idéologique et politique nous est donnée d’emblée par le modèle occidental moderne, en cours depuis six siècles environ. Ce dernier modèle est basé sur l’exclusion philosophique de l’Esprit du champ du réel et l’intronisation du mobile matériel au centre de l’existence. Référé à la construction hypothétique du « contrat social », ce modèle entérine dans la pratique le fait accompli de l’Etat marchand ou de l’Etat raciste.L’Etat marchand génère, socialement, un nivellement mental vers le bas, qui nourrit un pluralisme ordonné politiquement au mobile matériel non comme un moyen, mais comme une fin en soi.
L’Etat raciste entérine, également, un autre nivellement mental, polarisé par un héritage ancestral débridé et livré à lui-même et assorti d’une prétention pseudo-messianique, par rapport au reste de l’humanité.
Dans les deux cas il y a une continuité tous azimuts entre le mobile matériel et le mobile raciste comme motivation existentielle, l’Etat politique respectif qui les représente en informant la culture quotidienne et la collectivité qui en est la réceptrice et en même temps l’émettrice. Ce qui aboutit sur le terrain, à une action concertée efficace productrice de valeurs correspondantes dans tous les domaines où s’articule la vie singulière et sociale.
Par contraste, le défaut d’une clarification idéologique au sein de la société musulmane, dans le contexte d’un rapport de force qui lui est défavorable, aboutit à y transposer, quasi passivement, des modèles extérieurs, comme le nationalisme, le capitalisme, le socialisme et maintenant le néo libéralisme. Ce qui la désigne comme l’état exutoire de la civilisation occidentale moderne.
Ici le défaut de la stratégie idéologique et de là politique, consiste, systématiquement, depuis la proclamation de l’indépendance, à imiter les modèles occidentaux en excluant la donnée islamique qui est, pourtant, le facteur clé de notre historicité, c’est-à-dire de notre propension à faire l’histoire et non à la subir.
C’est bien l’élimination de la donnée islamique comme centre du projet politique, qui permet à M.Bennabi d’expliquer dès la fin des années 1940, pourquoi le jeune gouvernement indonésien a échoué, dans la pratique, en croyant résoudre les problèmes du pays, en donnant le soin de la planification au DR Schacht, l’artisan du redressement économique allemand dans les années 1930.
Depuis cette première expérience, et, en moyenne, après six décennies d’indépendance, l’histoire confirme le diagnostic de M. Bennabi, à travers les limites, pour ne pas dire plus, des expériences nationaliste, capitaliste, socialiste et néolibéraliste assumées jusqu’ici par les pays musulmans.
Pour mettre fin à cette situation d’exutoire périphérique de la civilisation occidentale, où est enfermée le monde musulman, le premier pas à franchir consiste à réhabiliter, dans sa signification stratégique, la donnée islamique, dans l’ordre politique d’où elle est, jusqu’ici, exclue de façon répressive et durable, et parfois de façon violente. Ce qui n’a pas manqué de susciter, avec le temps, un radicalisme réactionnel, aussi violent, et qui est souvent, plus la décompensation d’un manque de maturité et de vision, que l’expression de l’option islamique régulière.
De fait, la réhabilitation de la donnée islamique comme stratégie, permet de redécouvrir le modèle existentiel qui se rattache à la tradition islamique. De la sorte les choses se clarifient dans les idées, en remettant le mobile spirituel au centre de l’existence.
Cela signifie que dorénavant la politique, le droit, l’économie et la culture doivent être ordonnés à la perspective spirituelle qui, depuis les origines, honore l’Homme du statut de « vicaire de Dieu sur Terre ». L’Etat politique dont la prérogative essentielle est la justice doit veiller à la stabilité de la collectivité islamique dont il a la charge. L’exercice du droit doit ressortir au principe de l’incitation au bien et du rejet du mal. L’économie doit être un moyen au service de l’Homme, et non le système actuel, qui fait passer le profit avant l’Homme. Enfin la culture doit correspondre à tous les supports devant refléter la charge symbolique des valeurs spirituelles, pour que celles-ci deviennent une ambiance sociale aussi bien dans le comportement quotidien, que dans la logique pragmatique, et dans l’esthétique que la technique.
Le réseau des liaisons sociales étant, ainsi, rétabli et dynamisé par l’impulsion des valeurs spirituelles, il y a là toutes les raisons pour que l’action concertée sociale éclot du sommet à la base de l’Etat et de la société et réciproquement, et qu’elle produise ses effets bénéfiques sur le terrain social.
Déjà des indices inédits et encourageants pointent à l’horizon, dans le domaine de la maîtrise du processus scientifique et technique, et annoncent que l’activité historique se réamorce au sein du monde musulman. Toutefois il faut reconnaître que le paysage de ce processus actif est pour l’instant limité quand on le rapporte à l’ensemble de l’aire géographique et humaine correspondante. De plus ici, les pesanteurs intrinsèques et extrinsèques grèvent et retardent la vitesse de croisière du redressement escompté et sa diffusion.
En Asie, pour citer le premier exemple, la Malaisie et potentiellement l’Indonésie la dynamique du redressement montre des signes de maîtrise de la production économique et prépare, ainsi, la voie à la maîtrise de la conception. Toutefois pour s’inscrire pleinement, dans la perspective islamique, ces pays doivent se démarquer du modèle de l’Etat marchand où les a inscrit l’hégémonie américaine, et ce d’autant plus que, prospectivement, l’extension optimiste du modèle occidental, c’est-à-dire en se plaçant dans l’hypothèse la plus favorable, paraît impossible. Ce qui justifie a fortiori ce démarquage vis à vie du modèle occidental en raison de tous ses méfaits découlant de sa priorité au profit sur la priorité de l’Homme. Ici le réinvestissement de la transcendance dans l’acte politique constitue un jalon important dans l’initiation d’une mondialisation alternative à celle que tente d’imposer, actuellement le monde occidental, à l’échelle de l’humanité, à travers la logistique faite du F.M.I., de la Banque mondiale de l’OMC et du conseil de sécurité.
Le second exemple est celui du Pakistan. Ici le potentiel scientifique et technique est considérable ; mais il est limité par des contraintes géopolitiques à la maîtrise de la technologie nucléaire militaire. Nous voulons dire qu’il n’est pas suivi d’un effet d’entraînement à l’échelle sociale pour que chaque pakistanais apporte sa contribution singulière, mais active au la puissance militaire de l’Inde. Contrairement à cette dernière où les potentialités éclosent et s’épanouissent, à l’échelle sociale, le Pakistan demeure handicapé par des lourdeurs d’ordre ethnique, tribal et communautaire, devant être aplanies, à la lumière de la vision islamique du monde, et non dans le giron de la stratégie américaine dans la région, à laquelle les monarchies du Golfe servent d’auxiliaires influents. C’est la condition d’une véritable émancipation, par rapport à la tutelle cynique de l’Occident.
Le troisième exemple, c’est la Turquie. Ici l’héritage laïc kémaliste a légitimé, après 1945, l’intégration de ce pays dans le dispositif de défense de l’Occident contre la Russie, en cultivant, localement les germes de la culture occidentale moderne, mais à l’état d’exutoire périphérique. L’Islam est renvoyé à la sphère privée, tandis que l’Etat est séparé de la référence religieuse. De plus la pratique démocratique est mise sous surveillance d’une armée, pudiquement appelée « Etat profond », pour éviter toute refondation politique de l’Etat en adéquation avec la sociologie et l’histoire. Toutefois, en dépit de tous ces verrous de sécurité pour la pérenniser, cette occidentalisation culturelle périphérique commence à se lézarder dès 1950, et continue à s’effriter de nos jours, par l’émergence de la lame de fond du peuple, portée par des partis politiques revendiquant l’identité islamique.
Il est nécessaire que l’effritement de l’héritage kémaliste se poursuive jusqu’à son terme, avant que la Turquie ne recouvre pleinement au sommet de l’Etat l’identité islamique qui a catalysé l’essentiel de son historicité. Ce qui va potentialiser dans ce sens la position politique des autre pays musulmans.
Le quatrième exemple à citer, c’est l’Iran. Depuis 1979, ce pays musulman a rétabli la légitimité islamique dans sa signification stratégique, grâce à une impulsion endogène inspirée et guidée par de sages autorités religieuses. Ici l’Etat politique est ordonné à la stratégie islamique et non plus aux antagonismes extérieurs à la sphère musulmane. Cela explique la politique réactionnelle du « containment », assumée par les Etats-Unis d’Amérique et leurs alliés vis-à-vis de la jeune république islamique depuis sa naissance.
Ce bouleversement régional de nature géostratégique, contrarie d’abord, la logique des Grands habitués depuis 1945 à décider pour les autres pays ; il contrarie surtout la stratégie américaine dans la région. Sur le terrain local, ce bouleversement, compense largement les effets de l’encerclement politique dont il est l’objet, en investissant les riches potentialités locales. Après trois décennies d’efforts ce bouleversement politique et idéologique illustre dans les faits l’idée bennabienne de la supériorité du pouvoir social sur le pouvoir financier. Car, paradoxalement le boycott politique, économique, financier, technique etc.. qui devait, théoriquement, amener la chute de la jeune république islamique, n’a fait que renforcer celle-ci, en l’amenant à compter et à investir, à l’échelle sociale, ses potentialités humaines, financières et physiques. Ce dont témoignent la naissance d’une industrie lourde, la maîtrise de domaines scientifiques et techniques réservés jusqu’ici à l’Occident. C’est le cas de la maîtrise du cycle de l’énergie nucléaire, de la technologie de l’espace, de l’aviation, de l’armement et dans de nombreux secteurs de la recherche comme la biologie et la pharmacie.
La preuve supplémentaire de la supériorité du pouvoir social sur le pouvoir financier, nous est donnée, par contraste, par les monarchies du Golfe dont les billions de dollars remplissent les banque anglo-saxonnes et juives, contribuent à renflouer le déficit extérieur astronomique des Etats-Unis, maintiennent les activités des usines d’armement américaines qui leur fournissent en retour des armes toujours déclassées techniquement au profit de celles fournies à l’Etat sioniste.
Pour le reste du monde musulman, soit il est empêtre dans des tensions géopolitiques et géostratégiques comme c’est le cas respectivement du Sahara Occidental en Afrique du Nord, et de la question palestinienne et celle du Darfour. Soit le reste du monde musulman continue à subir passivement les ajustements politiques suscités par l’Europe et les Etats-Unis, sous couvert de « coopération et de partenariat », pour le maintenir à l’état d’exutoire périphérique du système occidental. Ce qui contribue à entretenir une discontinuité entre les collectivités et les Etats censés les représenter. Ce fossé, qui est la contre partie d’un vide idéologique, ouvre la voie à des décisions inadéquates, même quand la bonne intention est certaine, et dont le prix social, c’est l’échec sur le terrain.
[1] – Dr. Mohand Tahar Belaroussi. IN- La dépêche n° 153 du 15 au 21/04/08 p. 10 à 12